24.7.08

Simon sort de l'ombre


Talentueux mais pas constant, performant mais jamais vainqueur, des trophées mais des petits. En une semaine, Gilles Simon a su faire taire toutes ces constantes qui le cantonnaient à rester un pâle joueur français du Top 30. Le tournoi d'Indianapolis dans la poche, le Niçois s'offre la tête du numéro un mondial Roger Federer, encourageant avant des Jeux de Pékin en passe de couronner peut être un des plus discret mais aussi un des plus humble joueur tricolore.


Gilles Simon n'a pas fait la une de Tennis Mag' dès ses premiers coups de raquette, n'a que trop rarement eu la chance de faire soulever les travées du Philippe Chatrier mais a tout pour se hisser au plus haut du tennis tricolore. Un jeu simple, à tendance offensive avec un physique léger et efficace, Simon s'inscrit dans la lignée des Hewitt, Djokovic avec la puissance en moins.

Drôle, une moue d'ado et l'air nonchalant, Simon s'annonce comme un outsider sérieux pour une médaille à Pékin. Evidemment il n'est pas crédible de le situer à côté des Nadal, Djokovic ou Federer des grands jours, mais ce Gilles Simon sous cette image est capable de nous éblouir. Une petite lueur d'espoir niçoise à l'instar d'Alizée Cornet tout juste vainqueur de son premier tournoi ATP.

Le tennis azuréen avec ses deux protégés se portent comme un charme, et se dirige lentement mais sûrement vers le ciel de Pékin. La brise Cornet a pris Gilles Simon dans son sillage, cet alliage risque de revenir de Chine avec une légère teinture doré...

17.7.08

Ciao Coco... Ricco


Le team Saulnier Duval se retire du Tour de France. Son meilleur coureur le fantasque italien Ricardo Ricco a été contrôlé positif, c'est le troisième coureur accusé de dopage pendant cette grande boucle. Un scandale de plus dans un sport qui ne sortira décidément jamais de cette impasse, l'impasse de la malhonnêteté et de la triche.

Son idole, il l'affiche, c'est Marco Pantani. On avait remarqué des similitudes dans le panache sur les pentes pyrénéennes, on sait désormais que Riccardo Ricco tient également à develloper les mêmes capacités sanguines que son mentor. Sans preuves nous n'évoquerons pas le cas de ses compatriotes et coéquipiers Italiens, nous n'en pensons pas moins.

On doutait avec les démarrages de Ricco, avec le train imposé par la Saulnier Duval dans les plus grands cols, avec la résurrection de Piepoli, on osait pas le dire, mais on avait encore une fois raison. Au moins la supercherie a le mérite de ne durer que quelques jours et non des tours entiers comme à l'ère Armstrong où un simple certificat médical faisait gage de passe droit pour la pharmacie interdite.

Le cyclisme est un sport magnifique. Un Virenque le doigt pointé vers le ciel au sommet du Ventoux, un Valverde qui se bat, une échappée sous la pluie de Jacky Durant l'éternel, mais le cyclisme est un sport de tricheur, un sport qui devient exécrable et indigne. Evidemment il est loin d'être le seul sport victime de dopage et il est en quelque sorte victime de sa politique anti-dopage efficace et spectaculaire.

Mais il est temps d'abandonner les campagnes de prévention, de sensibilisation. Les sanctions non redoutées, les retour souvent encensés. Un vélo clean, beau, un sport de rêve : une belle utopie à oublier, le cyclisme est un sport dégueulasse, pratiqué par des gens dégueulasses....

Il paraît que la roue tourne, le cyclisme lui, déraille.

9.7.08

Trézégol en grand finisseur


C'est officiel depuis mercredi, David Trézéguet met fin à sa carière internationale. Champion du monde 1998, champion d'Europe 2000, le buteur d'origine argentine était plébiscité par l'ensemble des amoureux du football français. Le maintien de Raymond Domenech à la tête des bleus aura été fatal, David Trézéguet tire un trait définitif sur l'équipe de France. Une sortie la tête haute, le foot français lui a préféré Domenech, a lui d'en payer les frais.


Thuram quitte la sélection sur un échec, une sortie indigne pour le défenseur tricolore tant il a apporté à l'équipe de France de football. C'était bel et bien la compétition de trop pour le recordman des sélections après une saison décevante sur le banc du FC Barcelone. Autre ambiance, autre révérence, David Trézéguet, perspicace, le sait: il ne jouera plus en bleu sous l'ère Domenech. Un constat, le Turinois préfère se retirer de lui même.

Il aura connu le rêve, la méforme, l'injustice et la disgrâce avec l'équipe de France. Champion du monde en ayant participé à tous les matchs excepté la finale, champion d'Europe avec ce but face à l'Italie qui restera gravé à jamais dans l'histoire du football, voilà pour la période faste de Trézégoal en équipe de France.

2002, 2004, Trézéguet n'est clairement pas à la hauteur, c'est le fait de tout un groupe. 2006, il rate le tir au but en finale mais n'a pas pu étaler son instinct de buteur sur les pelouses allemandes. Zidane sauve la mise du 4-5-1 de Domenech, la France va en finale, c'est le début du "Tout sauf Trézéguet". Presque jamais convoqué par la suite, Trézéguet tombe dans le piège du match face à l'Angleterre au stade de France. Aucun ballon exploitable, isolé dans un système qui privilégie les ailiers, Domenech se frotte les mains, il a prouvé que Trézéguet ne pèse plus sur les défenses avec le maillot bleu.

Les observateurs ont pourtant les yeux tournés vers le Calcio, ce championnat où David Trézéguet prouve qu'il reste un des meilleurs attaquants de surface de la planète. Un doublé ouvre les portes de la phase finale de l'Euro à Gomis. Un doublé contre plus de trente buts en équipe de France, contre plus de 120 buts avec la Juventus de Turin... La messe est dite, adieu David. L'histoire montrera qu'avec le Turinois à l'Euro 2008, l'addition n'aura pas été plus salée pour les protégés de Mr Estelle Denis.

Parce que nous aimons l''équipe de France, espérons qu'un successeur émerge. Mais soyons honnêtes, les plus grands attaquants de surface au monde ne font pas partie du football français. L'équipe de France perd une arme redoutable, David Trézéguet part la tête haute, de lui même. On aurait aimé le voir planer à nouveau, armer une demi volée et faire lever toute une nation. La fédération française ne l'a pas voulu, en préservant Domenech elle brise à jamais le souvenir d'un buteur d'exception, le doux frisson d'une clameur venu d'ailleurs, ou plutôt venue du pied gauche d'un goléador de 22 ans, un soir de juillet 2000...

David tu pars avec les honneurs, à bientôt à bord du navire bleu qui sait... avec un nouveau capitaine....

6.7.08

Nadal et Federer au delà du sport


4h27 d'échanges d'un niveau inégalable, Nadal bat Federer 9/7 dans la cinquième manche en finale de Wimbledon. Plus qu'un match de tennis, c'est un moment historique à graver dans l'histoire du sport qui s'est déroulé ce dimanche sur le center court du gazon londonien. Intensité, magie, respect, humilité, les deux meilleurs joueurs du monde ont attiré et surtout émerveillé le regard de tous les amoureux du sport.

Une accolade et des flashs qui en disent long, Rafael Nadal, Roger Federer, leur rivalité à pris une toute autre dimension en un tournoi. Oublié la leçon de tennis de l'Espagnol en finale de Roland Garros, ce dernier match de la quinzaine londonienne a tissé une rivalité qui s'est élevé au delà de la simple finale.

Borg-MacEnroe, Becker-Edberg... les plus belles pages du tennis semblaient être entre les raquettes de ces champions à la retraite depuis longtemps. Nadal et Federer ont livré le match certainement le plus beau, le plus intense de l'histoire du tennis. Des mots loin d'être lancés au hasard. Il existe trois types de grands matchs : les matchs d'un niveau de jeu miraculeux (Nadal-Davydenko, Monte Carlo 2008), les matchs d'une rare intensité (Federer-Nadal, Wimbledon 2007) et les matchs à forte émotion (Grosjean-Agassi, Roland-Garros 2001 [j'assume]).

Cette rencontre allie les trois ! Federer revient de deux sets à rien, inverse le court du tie-breack du 4ème set, sauve des balles de match sur des coups de génie. Nadal revient de nul part en sortant des coups miraculeux sur des balles de break. Tout au long du match, ce sont des points simplement hors du commun, non inscrits dans les manuels de tennis sortis par ces deux immenses champions. Cela dans un center court surchauffé et dans une intensité indescriptible.

Ce match ne pouvait se dérouler non plus sans deux champions géniaux la raquette en main, mais également le match fini. La voix éreintée par l'émotion Federer, gentleman félicite Nadal, honoré d'avoir vaincu selon ses termes "le plus grand joueur de l'histoire". Un respect mutuel, une humilité sincère de la part de l'Espagnol, le ciel des légendes du tennis voit ses deux plus belles étoiles briller encore plus fort après ces 4h27 de magie, sur le Center Court de Londres.

Rafael Nadal, Roger Federer, tout simplement: Merci...

5.7.08

Qid des Pyrénées


C'est écrit, cet été est pour la nation espagnole. Nadal surpuissant, les minots d'Aragones sur le toit de l'Europe et maintenant Alejandro Valverde qui s'adujge le maillot jaune du Tour de France dès la première étape. Analyse d'un fossé entre l'état du sport français et celui du pays royal.

Grosse satisfaction bleue, Thomas Voeckler s'empare du maillot à poids ! Il n'est pas nécessaire d'être devin pour affirmer que nous tenons là une des plus belles pages françaises des trois semaines de Tour de France à venir. Peut être une victoire d'étape, le pays hôte de la plus belle course cycliste du monde est désormais plus habitué aux dossards rouges du meilleur combattant et aux déboires de son champion Christophe Moreau qu'à la lutte pour le maillot jaune.

L'Espagne débarque sur les Côtes Bretonnes avec ses ténors : Contador, Freire, et surtout Valverde. Une accélération 400 mètres avant la ligne de Brest et le leader de l'équipe Caisse d'Epargne met tout le monde d'accord : cette année, la grande boucle appartient à Alejandro Valverde ! La France adule cet athlète, le pays des Zidane, Hinault, Vouilloz, Prost a perdu le culte de la victoire.

La hargne ce n'est pas d'attendre le tableau dégagé d'un Arnaud Clément ou le "presque exploit" de Richard Gasquet contre Andy Murray, l'état de santé d'un pays se mesure sur le nombre de victoires. Le sport c'est un aboutissement, un parcours et surtout une victoire. Rafael Nadal n'est pas sympathique, mais il gagne ! Aragones ne communique pas comme un ado, il se contente d'aligner les meilleurs pour gagner.

La Fédération française de football n'a pas non plus assimilé le rapport entre succès et risques. Domenech maintenu, les observateurs ne comprennent pas. Et quand ils écoutent les conditions de ce maintien, ils saisissent encore moins le but de la fédération française de football : Conserver l'homme aux 5 milieux défensifs à condition de la voir changer de style, de staff, de communication, de joueurs... Les grandes instances sont elles aussi lasses de Raymond, offrons lui une occasion de sortir la tête encore plus basse.

Alors non, des Flamini, Ben Arfa, Nasri n'auraient surement pas fait aussi bien que les Fabregas, Iniesta, Torres, seulement on peut prétendre à plus de panache en équipe de France, un panache qui semble avoir quitté Thuram, Henry, Sagnol et consorts, nous n'évoquerons pas le talent que n'a jamais eu un Florent Malouda... (be-sport se sentait vraiment obligé de parler du talent de Malouda, toutes nos excuses...).

France-Espagne, Espagne-France, Clément-Nadal, Passeron-Valverde, Govou-Xavi, un fossé qu'il convient de combler sur le terrain de la hargne, de la gagne, du mental, du risque. A l'heure d'un sport français complètement malade, plaçons nos derniers pions sur les échéances à venir avec Niko Karabatic, Alain Bernard, Julien Absalon ou Sébastien Loeb.

A cet instant, l'instant de la victoire en bleu retrouvée, il sera grand temps de trouver une traduction de "Vamos" dans la langue de Molière...