
Le terrain comme seul moyen d'expression. Marque de fabrique des plus talentueux, des plus hargneux, des plus humbles. Jérôme Rothen est sans aucun doute hargneux. Humble surement pas, talentueux il pourrait l'être. Analyse des pages du livre de l'ancien pied gauche d'or de l'ASM parus dans L'Equipe. Exister par le biais du scandale, occasion manquée de se taire à jamais.
On aime à se souvenir de l'épopée monégasque en Ligue des Champions 2004. On se remémorre les longs et précis centres de l'ancien Troyen. On parlait alors de lui comme d'un Beckham gaucher, une nouvelle perle française. Privilégiant le choix du coeur, il signe au PSG.
De longues saisons sans rien, et revoilà le blondinet à la une des journaux. Zizou l'aurait traité de "Fils de Pute", Barthez l'aurait snobé, Rothen dans une autobiographie se livre et dénonce. Il dévoile aussi ses fautes. Il regrette d'avoir insulté Deschamps, Vahid serait humainement sympa et sa parole dépasse souvent sa pensée. Et ses écrits ? Dépassent-ils le cri égocentrique d'une autobiographie anticipée, d'un message vendeur ?
Jérome Rothen conspue ce qu'il ne sera jamais, une légende du football. Certainement coupable d'avoir cotoyé une génération dorée, l'aigreur laisse place à la délation. Un des joueurs les plus sifflés de L1, bad boy du championnat, Rothen ne pardonne pas à Zidane des mots qu'il a certainement prononcé à des dizaines de joueurs les week end.
Quand bien même Zizou aurait traité l'enfant chéri du Parc, parole à éridiquer des terrains de sport, évoquons le syndrome de l'arroseur arrosé. Rothen "déçu" par Zidane, pas assez respectueux pour s'excuser.
Rothen écrit, Rothen attaque, Rothen dénonce. Zidane n'est pas un saint, Barthez n'est pas sympa. A défaut d'exister dans les stades, il a choisi d'exister à travers le scandale. Les armes de la réthorique plutôt que celles du foot. Le Parc des Princes attendait un autre Rothen...



