18ème Symponium International à Monaco, be-sport y était
Bilan de Pékin, défis de Londres, Roland Faure avait annoncé une conférence sur les avancées de diffusion des Jeux Olympiques. Le débat s’est recentré sur la place réelle des athlètes dans le battage médiatique et commercial de la compétition sportive la plus suivie au monde.« Et si la cérémonie d’ouverture se déroulait sans les athlètes ? ». La remarque de Daniel Bilalian interpelle. Le directeur des sports de France Télévision avance une solution simple de régler un des débats phares de ce 18e Symphosium International.
Une provocation plus qu’une supposition, la réplique entraîne des réactions tranchées. Tony Estanguet, double champion Olympique de canoë et porte-drapeau de la délégation française à Pékin est formel : Cette cérémonie ne peut se dérouler sans les athlètes. Même son de cloche chez Daniel Costantini, l’ancien sélectionneur de l’équipe de France de handball souligne que tout sportif rêve de prendre part à l’un des événements les plus suivis des jeux.
La question de Daniel Bilalian soulève une réalité. Denis Masseglia, membre du bureau exécutif su CNOSF soutient que l’athlète doit rester au centre de la compétition et doit être l’acteur principal de la cérémonie. Oui mais voilà, les meilleurs ne sont pas toujours dans les rangs des délégations à défiler.
« La cérémonie est devenue une démonstration de force du pays hôte plutôt qu’une fête des athlètes » déplore David Douillet. L’ancien judoka avance même une idée insolite : la création d’une autorité supérieure pour gérer les problèmes du dopage, du sponsoring, des droits télé, une sorte de modérateur entre les intérêts des sportifs et des instances médiatiques. Denis Oswald, membre du CIO se positionne contre une institution globale, mais met la pression sur Londres : « Chaque pays doit donner son identité aux Jeux ».
Il annonce également une nouvelle tournure pour Londres 2012 : « Les groupes de réflexion devront se concentrer sur la compétition et les athlètes ». Londres 2012, les athlètes, l’organisation, des domaines chers à Lord Sebastian Coe, quadruple médaillé Olympique en aviron et président du Comité d’Organisation de Londres 2012. Intervenant convaincu de ce colloque, le Britannique entend bel et bien faire passer l’athlète au centre de ses jeux Olympiques. Il prévoit des cérémonies adaptées à la compétition, une nouvelle réjouissante pour les médaillés présents dans l’amphithéâtre du Forum Grimaldi.
L’athlète a été au centre du colloque pour une raison technologique : la diffusion prend le pas sur la performance sportive. David Neal de NBC et Ben Gallop de BBC ont étalé les nouvelles formes de diffusion rendant les Jeux Olympiques encre plus interactifs. Broadcasting sur le Net, vidéo à la demande, live différé, sport à la carte… La discipline prend le pas sur la compétition, voilà la hantise d’Hein Verbruggen. L’ancien membre au directoire du CIO craint « une addition de plusieurs championnats du monde au lieu d’une fête Olympique ».
Les diffuseurs préfèrent parler d’une même voix de médias cumulatifs plutôt que divisifs. David Neal insiste, les meilleures audiences restent le programme télévisé en prime time.
Des avis cumulatifs, plutôt que divisifs, voilà le fil rouge de ce débat entre sportifs, membres du CIO, journalistes et diffuseurs. Tous réunis pour répondre à la doctrine lancée par le président du CIO Jaques Rogge : « Londres doit être à l’écoute dans l’optique de ses Jeux ». Sir Sebastian Coe a certainement tendu l’oreille…