22.11.08

Le clan des 7


Du 17 au 21 décembre à Toulouse, réunion de choix pour le tennis tricolore. De la qualité, les sept meilleurs performers français sur la tournée de l'hexagone (Marseille, Metz, Lyon, Bercy) se retrouvent dans deux poules de quatre pour des rencontres sans enjeux dans le classement ATP. Deux poules de quatre... mais sept qualifiés. Il fallait attribuer une wild card, revue d'effectif sur une décision scandaleuse.

Mathieu, Simon, Benneteau, Mannarino, Mahut, Gicquel, Tsonga. Deux Top 10 (Simon, Tsonga), un habitué du Top 20 (Mathieu), deux valeurs sûres (Benneteau et Gicquel), l'innamovible Mahut et la sensation Mannarino demi-finaliste de l'Open de Moselle. Pas d'enjeu, pas de pression, donc du spectacle. Ces sept là ont gagné leur qualification par la force de la raquette, ils n'ont pas manqué les rendez-vous de cette tournée française.

Restait une wild card. Et là le crédit des organisateurs chute. Plusieurs choix envisageables et non sujets à la polémique, un seul contestable et scandaleux. Ils ont osé. Richard Gasquet. Il sera dans la salle Toulousaine pour se mesurer à ceux qui font le bonheur des fans de tennis français. Lui qui ne fait pas lever les foules, le seul tennisman à avoir des ampoules à la main lors des grands rendez-vous, l'éternel joueur le plus talentueux du Top 50, l'ex-espoir...

Gasquet se libère de Bercy, éblouit le public français à chacune de ses prestations pour sa non combativité. Mais Gasquet a encore du crédit dans les hautes instances du tennis français. Pourtant voilà d'autres alternatives bien plus conforme à l'esprit du tennis. Parmi les joueurs qui n'ont pas brillé dans ces tournois : Gaël Monfils. Toujours combatif, voire trop, une demi-finale à Roland Garros, pas assez. Arnaud Clément. Un quart à Wimbledon, un jeu sur le déclin mais une belle côte auprès du public. Fabrice Santoro. Du spectacle, de la magie, des coups improbables. Sébastien Grosjean. Une retraite qui se rapproche mais un coup de raquette toujours affuté, une occasion pour des adieux honorifiques. Mickaël Llodra. Irréprochable en Coupe Davis, certainement le plus français des Français. Jérémy Chardy. Fait soulever les foules des terrains porte d'Auteil.

Il y en a d'autres. Comment prendre le public français pour aussi passif ? Le joueur qui envoie des textos en Coupe Davis, qui laisse PHM se battre pour la France, qui refuse désormais de forcer son talent devant son public, le tricolore le plus scandaleux peut être de l'histoire. Alors non, nous n'en voulons pas, nous n'en voulons plus. Un Masters français sans Gasquet, une équipe de France sans Gasquet. A la fois imposteur, non combatif et opportuniste, nous n'avons plus envie de voir le chouchou de Lagardère se lamenter dans nos salles.

Exit le classement, place à l'esprit. L'esprit de Gasquet fait encore des émules à défaut de son talent? Et nous l'affirmons, nous avons aimé le Gasquet de Wimbledon 2007, celui de Monte Carlo 2005. Celui du Gasquet qui pense tennis, celui du Gasquet hargneux. Celui ci nous ne l'aimons plus. Nous aimerons les belles empoignades des sept autres, des sept Français de ce tournoi de fin de saison.

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