4.11.08

Picotille


Il est abattu. Enervé, dépité. Son équipe a perdu un match de football dans les règles. Mais a t’elle perdu dans les règles de l’art ? Non . Laurent Blanc reste longuement les bras croisés après le coup de sifflet final. Il ne comprend pas. Pourtant Youssouf Hadji, d’une belle frappe enroulée a bel et bien scellé la rencontre en faveur de Nancy.

Laurent Blanc ne bouge toujours pas. Les gesticulations de Pablo Correa, heureux comme s’il avait vaincu le Brésil n’y changent rien, Laurent Blanc est sceptique. Bordeaux a tenté, Bordeaux a frappé, Bordeaux a créé, Bordeaux a perdu.

Cette victoire nancéenne n’est pas un vol. Le petit coach Uruguayen l’avait annoncé à Monaco : « Je veux voir des guerriers sur le terrain ». Verdun n’est pas si loin de Marcel Picot, les tranchées ont inspiré les dix joueurs nancéens retranchés dans leur camp. Mais aucune incursion risquée, aucune tactique offensive. Une perte de balle de Placente, un coup du sort, une frappe, une victoire.

Alors non, Laurent Blanc ne comprend toujours pas. Il a adressé des ballons à Zidane en équipe de France, admiré les dribbles de Ronaldo à Barcelone, senti le football du théâtre des rêves d’Old Trafford. Le voilà, les bras croisé, défait par une équipe nancéenne, au sortir d’un match à sens unique… à sens girondins.

Le foot-poubelle à défaut de football champagne. L’efficacité à défaut de grâce. Nancy a gagné, le football a perdu, Laurent Blanc a perdu. Non, Laurent Blanc ne comprend pas.

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