31.10.08

Slater cette légende


Dans un anonymat total, français et déplorable, une page de l'histoire du sport s'est écrite. S'il est commun de tailler des reportages flatteurs dans les magazines de sport à la petite star tricolore Jérémy Florès, il est moins fréquent de s'adonner à l'admiration de celui qui orne des agendas de collégiens. Kelly Slater, 36 ans, remporte le championnat du monde de surf... pour la 9ème fois.

Les facéties de Ben Arfa, les nouveaux clubs de Manaudou, les frasques d'Alonso, les gros titres offrent des articles intéressants, des vitrines abusives. Et pourtant, d'autres infos, en pointillés, en encadrés, au fond des quotidiens enrichissent l'histoire du sport.

Mundaka, petite ville du pays basque espagnol. Loin du Vélodrome, de Bercy ou du Parc des Princes. C'est là, dans les vagues de l'Atlantique, que Kelly Slater ajoute une 9ème ligne de champion du monde à un palmarès hors du commun. Une carrière débutée avec un titre en 1992, stoppée en 1999, puis reprise en 2003. On annonce légitimement que sans cette pause, l'Américain aurait dépassé la dizaine de titres.

Il reste deux étapes du circuit WCT à disputer, Slater a survolé la saison. Motivation, rage de vaincre, voilà la marque des champions, des légendes. Un pas à prendre pour les patrons d'autres disciplines. À l’heure où certains se retirent de grands tournois de tennis sans prendre aucun risque, l'opiniâtreté n'a jamais semblé aussi décisive. Une place de numéro un se gagne à l'orée des vagues, à la sueur de la raquette. Slater a compris, d'autres devraient l'imiter...

29.10.08

Non Bercy


Ouanna, Mannarino, Chardy, les organisateurs du Masters de Paris-Bercy ont fait le choix de la jeunesse dans les trois wild-card attribuées. Une décision vivement contestée par les tauliers du circuit français écartés du tournoi, Fabrice Santoro en tête.

L’un a fait une demie à Metz, l’autre un quart à Lyon, le troisième un huitième courageux à Roland Garros. Les trois ont été intégrés dans le tableau final de Bercy, aucun n’a passé le premier tour, aucun n’a mis un seul set. Ouanna s’est fait pulvériser par la cadence de Soderling, Mannarino n’a pas tenu face à Tursunov, Chardy a cédé en deux jeux décisifs contre Robredo.

La polémique reprend de plus belle, Fabrice Santoro s’était dit « choqué » par l’attribution des wild-card, les résultats lui donnent raison. Jean François Caujolle et Cédric Pioline ont voulu donner une chance aux jeunes, au détriment du classement et du palmarès, laissant sur la touche des joueurs emblématiques comme Fabrice Santoro, ou en forme comme Julien Benneteau, récent finaliste à Lyon.

Jérémy Chardy devient une valeur sûre du circuit ATP, Adrian Mannarino et Josselin Ouanna en sont au stade du coup d’éclat. Il était donc risqué de les intégrer dans le tableau final de Bercy. Pari gâché. Aucun des deux n’était assez bien classé pour se présenter aux qualifications.

Des qualifications « zappées » par Santoro et Benneteau, les deux misant sur ce fameux sésame. Choix perdant. Arnaud Clément a tenté d’intégrer le tableau par ce biais. Il s’est incliné sans éclat contre Ginepri.

Un tournoi sans Santoro, sans Clément, mais aussi sans Grosjean. Le Marseillais a refusé une wild card, il souffre de l’épaule. Redescendu à la 171ème place mondiale, c’est la première fois depuis juillet 1998 que le dernier vainqueur français de Bercy sort du Top 100. Les anciens leaders du tennis tricolore ne sont plus à Bercy, la saison 2008 a servi de transition, une page se tourne.

Tsonga, Monfils, Simon, Gasquet ont un classement suffisant pour entrer dans le tournoi de Bercy. Gasquet n’y participe pas pour des raisons obscures, les « quatre nouveaux mousquetaires » représentent le présent, et le futur du tennis français.
Les résultats le prouvent, les organisateurs de Bercy ne s’y sont pas trompés. En offrant des wild card à Ouanna et Mannarino, ils partent avec un point gagnant, celui de la révélation, celui du renouveau d’un tennis tricolore dénué de champion depuis la descente aux enfers de Sébastien Grosjean.

28.10.08

Un samedi aux qualifs


be-sport était pour vous aux qualifications du BNP Paribas Masters

Le son est net, bref, sec. La cadence est régulière, puis elle s’accélère. La salle mythique résonne aux coups de raquette des joueurs qui s’entraînent. Des gradins vides, mais un tableau hors du commun. Nadal, Blake, Djokovic s’échangent des balles sur le central de Bercy.

L’avant tournoi parisien propose des scènes insolites. Les meilleurs joueurs du monde s’entraînent ensemble, sous les yeux de quelques agents d’entretiens et d’une poignée d’entraîneurs. Les fans de tennis donneraient cher pour être au bord de ce central. Admirer la puissance de Blake, rigoler aux blagues de Baghdatis, trembler au lift de Rafa, autant de délicieux instants de sport qui se trament dans cette arène vide.

Les anciens vainqueurs, géants, sont accrochés au plafond. Cédric Pioline, directeur du tournoi, les regarde. Il regrette sûrement. Il regrette ces finales perdues, cette carrière au goût d’inachevé. Cédric Pioline est débordé, il quitte le central, pour ne pas y revenir. Le costume d’homme à grandes responsabilités est peut-être trop grand pour celui qui n’a jamais supporté la pression des grands moments en tant que joueur.

Au détour de plusieurs couloirs, des applaudissements. Un autre court de tennis. Des tribunes aménagées dans un gymnase vétuste, dans un coin de Bercy. À quelques mètres du central mais à des années lumières de l’entraînement des ténors. Arnaud Clément est en difficulté. Malgré le soutien de ce public de ce samedi après-midi, il peine face à Robby Ginepri en premier tour de qualification.

Dur, dur pour un joueur habitué à la lumière, ancien finaliste de Grand Chelem. Un niveau de jeu peu glorieux, un physique sur la fin, le soutien du public ne change rien. La petite salle et l’Américain ont raison du Français ex-Top 10. Il y a quelques années, c’était lui qui s’entraînait dans la grande salle… dans ce délicieux anonymat.

23.10.08

Horaires et influences


18ème Symponium International à Monaco, be-sport y était


Un champion Olympique au milieu de la nuit, une audience exceptionnelle pour l’horaire mais faible au vu de la performance. Daniel Bilalian le déplore, Alain Bernard n’a pas bénéficié d’une couverture médiatique à la hauteur de sa performance.

4 heures du matin en France mais en prime time sur NBC aux Etats-Unis, le calendrier des Jeux Olympiques est contesté, le Sportel a été le théâtre d’un débat entre Daniel Bilalian de France Télévision et Ben Gallop de la BBC d’un côté et les représentants du CIO avec David Neal de la NBC de l’autre.

« Il n’est pas normal que certains médias plus puissants choisissent leurs horaires ». La natation est an centre de la discussion, il est reproché à la chaîne de David Neal d’avoir aménagé les horaires des compétitions, pour bénéficier des exploits de Michael Phelps en prime-time.
Denis Oswald, membre du CIO se défend : « les horaires sont fixés par les fédérations internationales et le CIO », mais admet : « oui, à la demande de la NBC nous avons changé les horaires de la natation et de la gymnastique ».

Alors même si « il faut faire en sorte que le calendrier ne nuit pas aux athlètes » selon Denis Masseglia membre du CNOSF, et qu’Hein Verbruggen prône un programme adaptable aux trois fuseaux, Ben Gallop relativise : « Le public s’adapte, s’il est passionné il saura trouver la meilleure plateforme de diffusion ».

Alain Bernard, champion de la nuit française mais star de prime américain, c’est la dure loi du calendrier. Daniel Bilalian peut se réjouir, à Londres, le chef des sports de France Télévision aura d’autres considérations qu’un fuseau éloigné à l’autre bout du monde.

22.10.08

Priorité à l'athlète


18ème Symponium International à Monaco, be-sport y était


Bilan de Pékin, défis de Londres, Roland Faure avait annoncé une conférence sur les avancées de diffusion des Jeux Olympiques. Le débat s’est recentré sur la place réelle des athlètes dans le battage médiatique et commercial de la compétition sportive la plus suivie au monde.


« Et si la cérémonie d’ouverture se déroulait sans les athlètes ? ». La remarque de Daniel Bilalian interpelle. Le directeur des sports de France Télévision avance une solution simple de régler un des débats phares de ce 18e Symphosium International.
Une provocation plus qu’une supposition, la réplique entraîne des réactions tranchées. Tony Estanguet, double champion Olympique de canoë et porte-drapeau de la délégation française à Pékin est formel : Cette cérémonie ne peut se dérouler sans les athlètes. Même son de cloche chez Daniel Costantini, l’ancien sélectionneur de l’équipe de France de handball souligne que tout sportif rêve de prendre part à l’un des événements les plus suivis des jeux.

La question de Daniel Bilalian soulève une réalité. Denis Masseglia, membre du bureau exécutif su CNOSF soutient que l’athlète doit rester au centre de la compétition et doit être l’acteur principal de la cérémonie. Oui mais voilà, les meilleurs ne sont pas toujours dans les rangs des délégations à défiler.

« La cérémonie est devenue une démonstration de force du pays hôte plutôt qu’une fête des athlètes » déplore David Douillet. L’ancien judoka avance même une idée insolite : la création d’une autorité supérieure pour gérer les problèmes du dopage, du sponsoring, des droits télé, une sorte de modérateur entre les intérêts des sportifs et des instances médiatiques. Denis Oswald, membre du CIO se positionne contre une institution globale, mais met la pression sur Londres : « Chaque pays doit donner son identité aux Jeux ».

Il annonce également une nouvelle tournure pour Londres 2012 : « Les groupes de réflexion devront se concentrer sur la compétition et les athlètes ». Londres 2012, les athlètes, l’organisation, des domaines chers à Lord Sebastian Coe, quadruple médaillé Olympique en aviron et président du Comité d’Organisation de Londres 2012. Intervenant convaincu de ce colloque, le Britannique entend bel et bien faire passer l’athlète au centre de ses jeux Olympiques. Il prévoit des cérémonies adaptées à la compétition, une nouvelle réjouissante pour les médaillés présents dans l’amphithéâtre du Forum Grimaldi.

L’athlète a été au centre du colloque pour une raison technologique : la diffusion prend le pas sur la performance sportive. David Neal de NBC et Ben Gallop de BBC ont étalé les nouvelles formes de diffusion rendant les Jeux Olympiques encre plus interactifs. Broadcasting sur le Net, vidéo à la demande, live différé, sport à la carte… La discipline prend le pas sur la compétition, voilà la hantise d’Hein Verbruggen. L’ancien membre au directoire du CIO craint « une addition de plusieurs championnats du monde au lieu d’une fête Olympique ».

Les diffuseurs préfèrent parler d’une même voix de médias cumulatifs plutôt que divisifs. David Neal insiste, les meilleures audiences restent le programme télévisé en prime time.

Des avis cumulatifs, plutôt que divisifs, voilà le fil rouge de ce débat entre sportifs, membres du CIO, journalistes et diffuseurs. Tous réunis pour répondre à la doctrine lancée par le président du CIO Jaques Rogge : « Londres doit être à l’écoute dans l’optique de ses Jeux ». Sir Sebastian Coe a certainement tendu l’oreille…

16.10.08

Survivor


Une fatalité. Raymond Domenech ne bougera pas. Les défaites, les humiliations, les mauvais choix tactiques, sa communication irrévérencieuse, les demandes en mariage... Rien, rien n'a pu détrôner le sélectionneur. Ribéry et Gourcuff sont les derniers sauveurs de l'un des hommes les plus contesté de France.

France 98 a voulu sa peau, Trézéguet a voulu sa peau, Zizou a voulu sa peau, be-sport a voulu sa peau. Mais Raymond est toujours là. Quatre points sur neuf possibles pour le dernier vice-champion du monde, cela suffit aux grandes instances pour laisser Mr Estelle Denis sur le banc de l'équipe de France.

Alors non, l'équipe de France de football n'est plus celle du début des années 2000, capable d'étriller le Portugal 4-0 à Saint Denis. Ces bleus là ont de la chance, de la chance de posséder dans leurs rangs des perles comme Gourcuff ou Ribéry. Car voilà les sauveurs de Domenech, toujours sur un siège éjectable mais toujours secourru par des joueurs hors du commun.

Rappelons l'été 2005, quand Zidane, Makélélé et Thuram endosse le maillot bleu après une factice retraite international. L'équipe de France est au plus bas, et la grandeur, la classe, le talent de Zidane aménera les bleus à une finale de coupe du monde. Désormais ce fardeau pèse sur les deux nouvelles perles du milieu offensif tricolore. Mais ni la volonté de Ribéry, ni l'impact de Gourcuff renversent le cours d'un France-Brésil... Francky, c'est pas Zizou, Yoyo, c'est pas Zizou, et Domenech, c'est pas Houiller ou Deschamps.

Laisser les commandes de l'équipe nationale à un type capable de placer Boumsong, 120 minutes de Ligue 1, et Abidal, 120 minutes de boulettes en défenseur central, ceci deux matchs de suite relève de l'hécatombe collective. A l'heure ou certains idiots sifflent publiquement la Marseillaise, d'autres rongent leur aigreur de voir un incompétent diriger l'équipe de tout un pays. be-sport est de ceux là...

4.10.08

Joubert, Triste Lame


Brian Joubert seulement deuxième du Masters français d'Orléans. Son bourreau est le même qu'en 2004, Alban Préaubert enfin libre de tout pépin physique survole le programme libre. Préaubert, élégant félicite Joubert pour le travail de groupe effectué en stage. Joubert, avec ce manque d'humilité qui le caractérise désormais évoque un problème de lames...

Décidemment la prétention ne s'éloignera jamais du petit prodige du patinage artistique français. L'excès de confiance de Turin a laissé place aux excuses insensées. Joubert ne tente plus les programmes insurmontables pour dépasser les Lambiel et compagnie, il abuse de sa notoriété pour se situer au-dessus des autres patineurs français.

Une avance confortable à l'issue du programme court, mais une chute et un problème technique empêchent le champion du monde 2007 de s'adjuger ce Masters français. La classe d'un grand champion aurait voulu le voir saluer son compatriote et compagnon d'entraînement Alain Préaubert, mais le natif de Poitiers n'a pas cette dignité. Insister sur un problème de patin pour excuser une contre-performance, en attendre plus de ce désormais habitué du dérapage moral aurait été indécent.

Joubert s'en relèvera certainement, le patineur a du talent. La mentalité est indépendante de la notation, Brian peut souffler, il reviendra avec de nouveaux patins...

3.10.08

Place vacante


La saison 2008 de J-W Tsonga est celle de la révélation. Révélation tardive d'un joueur non épargné par les blessures dès ses débuts en jeune. À l’issue d'une année auréolée d'exploits puis de blessures, parions sur le Manceau comme le futur plus grand joueur Français de l'ère Open...


Et si le niveau de jeu de J-W Tsonga atteint à l'Open d'Australie était son réel niveau de jeu. Contre Djokovic en finale de Bangkok, la nouvelle étoile française a prouvé que Nadal humilié à Melbourne n'était pas une exception, un coup d'éclat. La façon avec laquelle il s'est débarrassé de Gaël Monfils en demi de ce même tournoi a prouvé, elle, que Tsonga est bel et bien capable de tutoyer une qualité de jeu hors du commun.

Des coups d'attaque imparables, une puissance au dessus du lot, un service claquant, un jeu de jambe à toute épreuve et un revers tout en rythme. Tsonga dans un bon jour c'est la cadence de Davydenko, la présence au filet de Federer, la hargne de Nadal, le service de Roddick, le panache de Kuerten, le revers de Safin et la science d'Agassi. Malheureusement le sosie de Mohammed Ali a hérité de la facette la plus contraignante de son illustre compatriote Sébastien Grosjean : le sens de la blessure.

Epaule, cheville, bras, la carrière du Marseillais, désormais plus proche de la retraite que ses exploits au début des années 2000, aura été perturbée par des bobos à répétition. Ceci l'empêchant certainement de se maintenir plus longtemps dans les premières places du tennis mondial. Grosjean certainement le dernier à avoir humilié Tsonga. C'était à Lyon, il y a tout pile un an.

Depuis, "Jo" a pris une nouvelle dimension. Une finale en grand chelem, un titre ATP, la liste aurait été bien plus longue avec une saison complète. La France tient peut-être là le bijoux qu'elle n'a plus depuis les Noah, Leconte, Forget, Pioline et Grosjean. Tsonga paraît armé pour lui aussi durer dans le Top 5 et certainement pour faire encore mieux que ses prédécesseurs. Au jour où les PHM, Gasquet, Monfils enchaînent les désillusions, le tennis français a trouvé son joueur miracle.

La course pour le Masters semble vaine, tous les espoirs sont permis pour 2009. Il y a une place vacante dans le coeur des Français, Tsonga va la prendre, il y a une place qu'à délaissée l'ex-éternel TRoger Federer, Tsonga l'a certainement entraperçue...