Médias et sport, sports et médias. La tendance perverse d’associer l’argent et de créer un triangle malsain reste tentante. L’argent représente une finalité semblable aux deux notions. Des notions qui diffèrent par leur fonction, qui se recoupent par leur éthique. Qui recherchent toutes les deux l’émotion.Sport : Activité qui résulte d’un dépassement de soi. Média : support servant à informer. Les deux termes se détachent. Ils restent néanmoins indissociables. Le sport de haut niveau n’existe pas sans la couverture médiatique et soumet des questions d’éthique.
Le sport occupe une place considérable dans notre imaginaire, il suscite le mythe et l’émotion. En ce sens et sans évoquer des fléaux comme le dopage ou la corruption, le sport sert de support à l’éthique.
Les médias ont comme fonction, surtout dans le domaine sportif, d’attiser l’émotion. Les lecteurs cherchent le titre incitatif dans un journal, le téléspectateur est sensible à l’image qui choque. Le tacle du joueur du Stade Rennais Kader Mangane éveille les sens, il est servi pas un média et il est dérivé du sport.
Le sport et le média apparaissent comme complémentaires. Ils amènent le plaisir, l’intérêt, la passion du public et non un désintérêt. Dans les années 1980 et 1990, Canal Plus multiplie les diffusions de matchs et les grandes instances du football tremblent. Et si le supporters reste chez lui et que les tribunes se vident… Inquiétude rapidement écartée. Le média joue en faveur du sport. Jeux Olympiques de Pékin en août 2008. L’épopée des Experts en handball passionne, les clubs de hand voient leurs effectifs augmenter dès la rentrée de septembre.
L’exposition médiatique sert le sport, la réciproque est plus complexe. Le sport dans son plus bel apparat attire le média, l’audience, le lectorat. Par contre, le sport dans ses dérives nuit au média. Les scandales sur le dopage éloignent public et spectacle, les mauvais résultats d’une équipe nationale également.
Dans leur présentation, leur manière d’afficher le spectacle, sport et média n’ont pas le même rôle. Voir un match de football dans un stade et le regarder à la télévision possèdent un point commun –le match- et une différence importante : le type de regard porté sur lui. Le match en tribune admet un regard général et subjectif du spectateur. A la télévision, le téléspectateur est tenu de subir la loi et les choix du réalisateur. Le média joue un rôle de narration avec la réalisation, le match en lui même n’est pas raconté, il se vit indépendamment par chaque spectateur.
Les deux acteurs, sport et média jouent ainsi l’émotion mais de deux manières distinctes. Là où les deux mondes poursuivent le même but : à la création de compétitions sportives par des médias. Le Tour de France de L’Equipe.
Le sport et les médias poursuivent le graal de l’émotion. La croisade diffère et engendre des travers éthiques et déontologiques. La recherche du sensationnel, la quête du profit ternissent les valeurs du sport et le code déontologique du journalisme. A quoi bon, le sport fait recette mais fait surtout rêver. L’émotion est le fruit d’un travail en commun. Le sport crée la magie, le journaliste la transforme, la trouble, la magnifie, et la présente sous son plus beau plateau. En apparence.
3 commentaires:
Jolie prose mon Fouginou.
Par contre, quelle distinction fais tu entre déontologie et éthique ?
L'éthique c'est toi qui te la fixe, la déontologie c'est généré par un groupe, une profession, voire un règlement ou un code moral.
Voili :)
besoin de verifier:)
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