23.5.09

Cher Carlo...

Impuissant aux genoux d'une équipe sans âme, je suis résigné. J'ai voulu y croire. La saison précédente a essuyé les railleries de la France du foot aux genoux d'une équipe aux piteux records. Cette saison aux genoux d'une équipe qui a flirté avec la montée avant d'y perdre goût au moment d'avaler le précieux sésame. Depuis trop longtemps au genoux d'une équipe frileuse et sous la coupe d'une direction flamboyante aux 1000 projets grenats. Je suis un supporter malheureux, fan d'une ancienne grande équipe de foot. Un FC Metz devenu une véritable équipe... de Ligue 2.

Cher Carlo j'en ai passé des années à rire des Olivier Rambo, Elie Kroupi et Tony Cascarino. Quand mes yeux d'enfants balayaient Saint Symphorien, ne sachant sur quelle idole étinceller. Pires, Blanchard ou Boffin. Meyrieu, Lukic ou Rodriguez. Une Ligue des Champions effleurée plus tard, je t'ai toujours cru. J'ai cru au talent de Padovano. J'ai espéré les explosions de Saha, Ribéry. J'ai pleuré à la première descente. Vibré à la première remontée. J'ai adulé Adebayor, Proment et Mondragon. Aujourd'hui, je les envie les successeurs de Rambo et Cascarino. J'aimerais arborer un maillot floqué Zerka, voir mon équipe critiquée par les techniciens de Ligue 1.

Notre équipe Carlo, celle du projet grenat 2010, n'existe plus. En 2010, elle vegetera. Gestede en guise de goléador, Fallou pour animer le jeu, Renouard en capitaine historique... J'ai peur. Tu m'as eu Carlo. En janvier tu m'annonces le retour de Jestrovic. Celui du triplé de Montpellier. Oui, celui là. Avec son orgueil démesuré, sa hargne à toute épreuve. Seulement quand l'orgueil se voit coupé de jambe et la hargne de tout panache... le sauveur a triste mine.

Un lendemain de défaite s'appréhende toujours avec amertume. Ce samedi résonne un peu plus fort qu'un lendemain de défaite. A mes oreilles se succèdent les fantômes d'une saison de club de Ligue 2. Mon FC Metz à moi, je ne peux en parler qu'à mon père. Lui, il s'en souvient. Celui d'aujourd'hui, il fait rire mes potes. Je ne réponds plus. Plus de force, plus les moyens, même plus les arguments. Je regarde L'Equipe du Dimanche. Je vois Ribéry titiller le Ballon d'Or, je compte les buts d'Adebayor, j'attends le retour du grand Saha et la révélation de Pjanic. Et je me dis... si seulement.

Carlo. Fait quelque chose. N'insiste plus. Cesse de nous vendre des rêves. Tu n'en as plus les moyens. Souviens toi de Pires, un soir de mai 1998. Il clamait sur la Place d'Armes : "Un jour je reviendrai dans le seul club de mon cœur". Même lui s'est foutu de toi. Avant que tout un stade ne prenne le pas de sa plus belle idole, écrit la fin de ton histoire que nous rendrons belle. Ce lendemain de défaite risque fort de déteindre dangereusement sur un grenat déjà très peu vif, déjà devenu très pâle.

19.5.09

Aux armes !

Pour vous -et pour lui- be-sport a squatté la tribune de presse du stade Vélodrome lors de l"Olympico Marseille-Lyon.

On aime ou pas, Marseille vit pour son club. Des premières heures du jour au dernier coup de sifflet, la capitale de la Méditerranée se lève pour le match. Elle se lève pour l'OM. Sur la Cannebière, dans les bars, dans le stade, le maillot phocéen sur les épaules. On parle foot, on parle OM. Récit d'une journée dans les entrailles du Vélodrome, au cœur d'une ville de football.

Fana de Marseille ou spectateur d'un soir, on a envie. On veut que ce but de Wiltord ne soit pas entaché d'un hors jeu pour vivre une fin de match terrible dans cette ambiance unique en France. Le coup franc de Juninho illustré d'un "Gooooooooooooool" sonore d'un journaliste radio lyonnais achève un stade. Putain con ! Le fameux "Aux Armes" venait de retentir, succédant à de bruyantes broncas. Lannois en guise de cible.

L'OM a perdu plus qu'un match, l'OM a peut être perdu le titre dimanche soir. Mais l'OM ne perdra jamais cet esprit. Le Vélodrome résonne comme un espace clos où le football devient un échapatoire, l'Olympique de Marseille une raison d'exister, un prétexte pour crier. De la crise du premier but à la rage contre Lannois, de l'espoir sucité par Wiltord aux chants repris par l'enceinte entière, Marseille et son Vélodrome apparaissent comme uniques dans l'Hexagone.

Façade des premières valeurs du foot, les travées de Marseille respirent l'émotion. Symbole d'un sport populaire zappé par une politique répressive britannique. Marseille, c'est l'OM. L'OM, c'est l'OM. Larqué, Courbis, le studio canal, la tribune de presse s'enflamme à chaque action. Les commentaires fusent. Parce que c'est l'OM, parce que inconsciemment, l'OM marque l'histoire du football français à chaque fois.

Cette fois justement, l'OM laisse échapper une chance de renouer avec une histoire victorieuse. Autour des pastis, l'amertume gagne la ville au milieu de la nuit. Demain l'OM ne joue pas, les Marseillais reprennent une vie normale. Enfin presque. On vous dit que Marseille, c'est l'OM.

16.5.09

Bosman pris à contre-pied

Evacuer les disparités de niveau, donner la part belle à la formation. Les instances du sport entendent mettre en vigueur des quotas de joueurs étrangers dans les sports collectifs au sein des clubs. Exit donc l’arrêt Bosman, cette tendance se développe, entre critiques et ambitions.

Nicolas Sarkozy revient de Nîmes avec l’idée d’une « Europe différente » dans l’esprit. Le discours du président de la République dépasse le climat du sport européen. Pas sur.
Une Europe différente, Joseph Blatter en rêve lui aussi. Le président de la FIFA milite pour une nouvelle politique de quotas de joueurs étrangers dans les clubs de football. La formule magique : 6+5. Le concept : 6 joueurs issus des formations nationales au minimum dans une équipe de football. L’objectif : lutter contre l’hégémonie des grosses écuries formées de stars étrangères.

Et Blatter suscite l’engouement des autres sports collectifs. Au basket, l’UCPB (Union des clubs) a obtenu un changement du règlement. Sur 10 joueurs, les équipes devront présenter au moins 5 joueurs formés localement. Une manière claire de lutter contre les cinq majeurs à l’accent trop américain. Pas d’accent américain mais des dialectes néo-zélandais ou Fidjiens, les effectifs de rugby vont être amenés à évoluer aussi. La Ligue Nationale de Rugby a décidé de mettre en place une politique de quotas. A l’avenir, les clubs pourraient être imposé d’aligner 70% de joueurs issus de la formation nationale.

A propos du 6+5, les gros clubs s’inquiètent : "Je suis contre ce projet. Ça n'a pas d'importance de savoir où est né un joueur. Le plus important, c'est de savoir qui il est. Ma première responsabilité pour mon club, c'est qu’Arsenal produise un beau football, avec les meilleurs joueurs possibles"

La plainte est signée Arsène Wenger. Légitime. Hier, le technicien français n’a aligné que deux britanniques dans son 11 de départ (Gibbs et Walcott) en demi-finale de Ligue des Champions. Wenger met en avant l’arrêt Bossman, en vigueur depuis 1995. Cet arrêt, en faveur de la libre circulation des joueurs au sein de l’Union Européenne balaie toute politique de quotas. Pourtant le droit européen souligne que le 6+5 ne va pas à l’encontre de la libre circulation des travailleurs. D’autres principes écartent l’arrêt Bossman : la promotion de la jeunesse, un meilleur équilibre des compétitions et la protection de l’identité nationale.

Aujourd’hui les quotas seront en vigueur peu à peu dans le rugby et le basket-ball. Les débats sont ouverts dans le monde du football. Entre Wenger et Blatter, les règles économiques attendent d’être chamboulées. Balle au centre.

13.5.09

Citoyen ou sportif : Ligne blanche

Même plus drôle. On aime se moquer des carences physique de Richard Gasquet, accumuler et sourire à chaque forfait, chaque nouvelle blessure. La nouvelle frasque de Gasquet laisse apparaitre un âpre goût de supercherie. Une supercherie non condamnée aujourd'hui, mais une supercherie privée et surtout extra-sportive.

Le tennisman, adulé, cité, pris en exemple, mis en exergue reste un citoyen lambda. Dans sa notoriété sûrement pas, dans ses droits certainement. Richard Gasquet a été contrôlé avec une dose minime de cocaïne après son forfait du Masters 1000 de Miami. Une soirée arrosé chez Bob Sinclar ? Et alors.

Et alors, Gasquet n'a pas joué et les spécialistes sont formels : la cocaïne délivre une belle insouciance, une euphorie efficace au sportif de haut niveau, mais elle implique dans le même temps un moment de fatigue intense. Gasquet n'est pas défendable dans son intégrité. Si la prise de la drogue est avéré, il doit être poursuivie, comme tout citoyen. Et si elle est avérée, ce geste touche simplement le sport dans son éthique.

Après la suspension du Marocain El Aynaoui pour consommation de cannabis, les instances du tennis s'apprêtent à administrer des sanctions à l'encontre des valeurs primaires du sport. Si cette consommation reste le coup d'une seule fois, l'aspect purement sportif reste clean. Gasquet est hors la loi mais sportivement non coupable. Le dopage est une drogue, la réciproque est fausse. Gasquet, ) peine 22 ans voit un coup d'arrêt marquer sa carrière. Prise volontaire ou pas, le monde du tennis a besoin de tous ses magiciens. Il n'a jamais été notre favori sur be-sport, mais Gasquet en fait parti.