Evacuer les disparités de niveau, donner la part belle à la formation. Les instances du sport entendent mettre en vigueur des quotas de joueurs étrangers dans les sports collectifs au sein des clubs. Exit donc l’arrêt Bosman, cette tendance se développe, entre critiques et ambitions.Nicolas Sarkozy revient de Nîmes avec l’idée d’une « Europe différente » dans l’esprit. Le discours du président de la République dépasse le climat du sport européen. Pas sur.
Une Europe différente, Joseph Blatter en rêve lui aussi. Le président de la FIFA milite pour une nouvelle politique de quotas de joueurs étrangers dans les clubs de football. La formule magique : 6+5. Le concept : 6 joueurs issus des formations nationales au minimum dans une équipe de football. L’objectif : lutter contre l’hégémonie des grosses écuries formées de stars étrangères.
Et Blatter suscite l’engouement des autres sports collectifs. Au basket, l’UCPB (Union des clubs) a obtenu un changement du règlement. Sur 10 joueurs, les équipes devront présenter au moins 5 joueurs formés localement. Une manière claire de lutter contre les cinq majeurs à l’accent trop américain. Pas d’accent américain mais des dialectes néo-zélandais ou Fidjiens, les effectifs de rugby vont être amenés à évoluer aussi. La Ligue Nationale de Rugby a décidé de mettre en place une politique de quotas. A l’avenir, les clubs pourraient être imposé d’aligner 70% de joueurs issus de la formation nationale.
A propos du 6+5, les gros clubs s’inquiètent : "Je suis contre ce projet. Ça n'a pas d'importance de savoir où est né un joueur. Le plus important, c'est de savoir qui il est. Ma première responsabilité pour mon club, c'est qu’Arsenal produise un beau football, avec les meilleurs joueurs possibles"
La plainte est signée Arsène Wenger. Légitime. Hier, le technicien français n’a aligné que deux britanniques dans son 11 de départ (Gibbs et Walcott) en demi-finale de Ligue des Champions. Wenger met en avant l’arrêt Bossman, en vigueur depuis 1995. Cet arrêt, en faveur de la libre circulation des joueurs au sein de l’Union Européenne balaie toute politique de quotas. Pourtant le droit européen souligne que le 6+5 ne va pas à l’encontre de la libre circulation des travailleurs. D’autres principes écartent l’arrêt Bossman : la promotion de la jeunesse, un meilleur équilibre des compétitions et la protection de l’identité nationale.
Aujourd’hui les quotas seront en vigueur peu à peu dans le rugby et le basket-ball. Les débats sont ouverts dans le monde du football. Entre Wenger et Blatter, les règles économiques attendent d’être chamboulées. Balle au centre.
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