Lance Armstrong s’est levé dimanche sur la troisième marche du podium sur le Tour de France. Après quatre ans d’absence sur les courses cyclistes et à plus de 37 ans, l’Américain n’a pu contester la suprématie d’Alberto Contador mais il a su trouver l’intelligence et les jambes pour titiller le très haut niveau. L’affaire semble classée, le retour prend le ton d’une triste blague. Celle d’un presque quadragénaire, trop peu en jambes et éreinté. Dans les premières encablures du Col du Petit Saint Bernard lors de la première étape des Alpes, Lance Armstrong ne résiste pas au départ d’Andy Schleck et peine loin de la roue de Kloden, bien loin de la roue de son rival et coéquipier Contador. Et pourtant l’Américain se lève. Lance Armstrong se dresse sur son vélo, le visage se pare de cette expression familière, de cette détermination si coutumière sur les routes du Tour. Le masque du champion prend toute sa forme d’antant. Lance Armstrong dépose ses compagnons, laisse Franck Schleck collé au bitume et revient sur le groupe de tête. Andy Schleck se retourne, Alberto Contador lève le pouce. Le retour est gagnant, le roi est de retour.
En grimpant sur la troisième marche du Tour de France derrière Alberto Contador et Andy Schleck, l’Américain a démontré que ses jambes tournaient encore très vite et qu’il resterait un stratège hors pair à tout jamais. Dans la troisième étape entre Marseille et La Grande Motte, il reste en tête de peloton et ne concède pas 41 secondes comme ses principaux concurrents au général. Sur les pentes de la montée vers Arcalis, seul Contador parvient à s’extirper du groupe Armstrong et dans les étapes Alpestres, Lance Armstrong maintient un écart suffisant avec le podium en attendant le contre-la-montre d’Annecy, pendant lequel il reprend la troisième place à Franck Schleck.
Lance Armstrong marque l’histoire de ce Tour de France lors de l’étape du Mont Ventoux. Si celle-ci n’illustre pas les promesses de Christian Prudhomme et n’inquiète pas Alberto Contador, elle conforte l’Américain sur la troisième marche du podium. Durant les vingt kilomètres de montée sur le Mont Chauve, Lance Armstrong ne concédera jamais plus d’un mètre face à Franck Schleck malgré les efforts du Luxembourgeois. Armstrong reste dans les roues, attend, et s’abrite du vent. Encore une fois, le sociétaire de la formation Astana s’illustre en patron.
Après sa douzième place au Tour d’Italie, Lance Armstrong est arrivé plus vulnérable sur cette grande boucle. Dans l’ombre de l’imbattable Alberto Contador et de l’intrépide Andy Schleck, l’Américain a su briguer un objectif à sa mesure, le podium. Lance Armstrong est troisième avec 47 secondes sur Bradley Wiggins, une place peu commune pour lui sur un Tour de France mais bien assez extraordinaire compte tenu des circonstances. A 37 ans, quatre ans, après son septième succès, Lance Armstrong est revenu. Pour une fois, il ne figure pas sur la plus haute marche du podium, mais pour une fois il glane la médaille de la plus belle révélation. Chapeau.
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