27.5.10

Adieu Richard


Il ne demandait pas une fête nationale. Il ne voulait même pas écorner la Wild Card d’un pauvre Adrian Mannarino ou fausser un premier tour histoire d’attirer la lumière. Ses adieux au public parisien, Sébastien Grosjean souhaitait les adresser entre potes. Entre français. Un double face à Ouanna et Monfils, avec Gasquet. Une dernière bataille pour le Marseillais, probablement quelques larmes et surtout la reconnaissance d’un public qu’il a trop souvent régalé.

Oui mais voilà, l’ancien numéro 4 mondial quittera la Porte d’Auteuil pour toujours. Foutu dehors par un communiqué de presse abject. Balayé hors du panthéon du tennis par les douleurs lombaires d’un autre. Richard Gasquet, ex espoir blanchi du sport français mais surtout égoïste raclure dans l’éternel. On l’aura apprécié quelques jours celui-là. A la faveur d’une finale héroïque à Nice contre Verdasco et d’une qualité de jeu stratosphérique face à Murray le temps de deux sets.

Il aurait pu se pointer, taper quelques bâches et puis dire au revoir à son ainé. A celui qui a su lever les foules de Roland-Garros, de Bercy, de Wimbledon, de Melbourne. Non, il avait mal. Qu’importe. Saluer la gloire d’un autre ? Gasquet ne connaît pas la gloire. Une victoire face à Federer à Monte-Carlo dans sa naïve jeunesse, un match solide face à Roddick un jour sur le gazon londonien, une participation anecdotique au Masters avec une élimination dès les poules.

Celui qu’il a lâché, il a atteint plusieurs fois les demi-finales des tableaux majeurs, il n’a pas fait figuration lors de ses prestations au Masters. Il a battu les plus grands, approché les plus grands, et a su effleurer les lignes à la seul force de son poignet. Sur les courts de tennis et pas dans les night-club de Miami. C’est bas ? Et alors ? Abandonner le plus grand joueur tricolore de la décennie à l’aube de ces derniers points, c’est dégueulasse. Dans un mois, c’est Wimbledon. Sébastien Grosjean dira adieu au public londonien devant lequel il a tant étincelé. Be-Sport le voit bien raccrocher la raquette au second tour. Car au premier tour Richard, si justice est faite, c’est toi qui dira au revoir au gazon britannique. Foutu dehors à grand coups de coups droits décroisés. Soigne toi bien.